Frozen plane, warm ride

Par Maxime E.
le 23/12/2017

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Moi aussi, je veux parler !

Par Morgane

Un après-midi d’été. Chaleur intense. 14h30. Je sens. Il se passe quelque chose. Un « je-ne-sais-quoi » dans l’air.

Mon camarade est venu au terrain. Il a emmené avec lui son compère roulant. Etonnant qu’il n’y en ai qu’un, ils se déplacent souvent par deux ces petits spécimens là. Il le range directement dans la soute. Curieux… un vol prévu ? Cet après-midi ? Par cette chaleur ? Un petit tour alors. Mais seul ? Et vers une autre destination que LFMA ?

Malgré la forte chaleur, il tourne, il vire, à droite, à gauche, et finit par s’immobiliser devant les pales. Observe. Les effleure du bout de l’index.  Attentif. La mimique concentrée. Passe son chemin. S’arrête à nouveau, devant le capot moteur cette fois. L’enlève. Scrute, passe le doigt, se gratte le front, fronce légèrement les sourcils. Puis referme.

Ca y est, il grimpe, met en route… Et… Arrête après quelques minutes. Que fait-il ? Et puis non, remise du contact, cette fois on roule pour de bon. Essais moteurs, demande au contrôleur l’autorisation de remonter la piste, prêt au décollage.

Puissance et tours disponibles, fuel flow compatible, pas de voyant, pas d’alarme, le badin est actif, rotation, montée initiale: 75 nœuds.

Il annonce au contrôleur un petit vol, le tour de la Sainte Victoire, et après un atterrissage en douceur, nous revoilà au parking.

Il passe du temps dans le cockpit, semble installer un nouveau système, avec une carte, et un mode d’emploi. Faciès concentré, et… contrarié ? Ah non ! Il a un petit sourire malicieux et satisfait.

 Il redescend de l’avion, bâche, laisse dans la soute le petit bleu roulant.

C’est à n’y rien comprendre.

Et pourtant… Je sens. Il se passe quelque chose, vous savez ce « je-ne-sais-quoi » dans l’air…

Le lendemain. 6h30. Pas un chat, douceur de l’air, lumière naissante, tout est calme. Je suis déjà réveillé depuis le lever du jour, la grasse matinée, c’est le privilège de ceux qui dorment en hangar…

Tandis que je m’éveille, je vois apparaître mon acolyte, faisant rouler le petit jaune d’une main, sac de l’autre, un autre à l’épaule, et ma fidèle passagère, sac au dos, et un casque à chaque bras. Tous les deux me paraissent bien réveillés pour une heure si matinale ! Et je dirais même… excités ?! Il faut dire qu’être au terrain à une heure pareille est plutôt inhabituel… voire sans précédent ! Serait-ce annonciateur d’une destination… extraordinaire ?

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Cette fois, rien d’inhabituel, tout est rôdé, retrait de la bâche, chargement du petit jaune, du sac, check habituel, branchement des casques, et… purge de la bouteille d’oxygène. C’est donc par les airways de l’IFR que nous nous rendrons à notre destination inconnue; oui, vous savez, ces chemins aériens tracés et pourtant invisibles, qui dessinent tout un monde là-haut, dans les airs, entre les nuages.

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Il semble que la présence du nouveau venu dans le système électronique, fraîchement installé la veille, se confirme. Une SD. Première prise en main, nous aurons le temps de découvrir cela en vol.

La phase d’excitation laisse place à la concentration du pilote, qui se prépare, trace la route, dépose le plan de vol, rentre les points GPS.  Ma passagère, syntone, reste discrète, et scrute les diverses manœuvres, indicateurs, jauges, sélecteur carburant sur both, essais moteurs, test magnétos, régulation d’hélice, ralenti… Sans, disons-le, bien tout saisir…

Et, je peux bien vous confier, je l’ai vue avec le temps, appliquer un silence presque religieux dans ces moments stratégiques du vol, moments suspendus où elle a notamment appris à s’abstenir de poser une des nombreuses questions qui lui traverseraient l’esprit, attisé par sa curiosité. Pour aujourd’hui, il semble que cette dernière, heure matinale aidant, soit encore quelque peu… Endormie.

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Et bien mes enfants… J’aurai donc l’honneur de vous emmener vers la Sérénissime. Quelle destination ! Arrivée par les airs, avec le charme incroyable d’atterrir sur un terrain en herbe, au Lido, a priori peu fréquenté, et qui sait, un mirage de danseuses de cabaret à l’arrivée ?

Nous dépassons progressivement les terres connues pour atteindre celles moins familières. Nous atteignons le niveau 130 sans difficulté. Ciel jonché de nuages par-ci par-là.

Mon ronronnement commence à bercer tout doucement ma passagère, tandis que mon fidèle comparse poursuit sa valse des instruments. Il semble préoccupé par les nuages. Je ne m’y trompe pas, légère pression sur le manche, débutant une montée qu’il stabilisera au 150, sécurité et confort obligent.

Je suis content qu’ils soient sous oxygène. Le pilote vérifie rigoureusement leur saturation régulièrement, et s’assure que les moments d’assoupissement de sa fidèle ne ralentissent pas trop sa respiration. 98%, tout va bien.

Le pilote semble apaisé après avoir dépassé la dernière frange de nuages, aux environs de Bologne, et les moments d’enchantement prennent pleinement place. Je sens à nouveau l’euphorie de mes deux protégés. Malgré la hauteur, on distingue les premières couleurs italiennes, la descente débute, les villes se dessinent avec leurs détails qui s’enrichissent au fur et à mesure. Nous cherchons la baie vénitienne du regard, scrutons, et finissons par la distinguer, sous la brume matinale.

Après ces instants d’excitation, le pilote se concentre à nouveau, se remémorise la procédure d’approche, entame le virage avant la finale, après avoir repéré les fameuses grues notifiées dans la procédure d’approche.

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Moment suspendu.

Un « five hundred » vient nous signaler l’approche du relief, et se révèle être la première manifestation de l’alarme sonore de la SD. Message au contenu non inquiétant, à quelques secondes de l’atterrissage: on poursuit.

Terrain bel et bien désert, pas de danseuse mais un italien au demeurant sympathique pour me refiouler. Chaleur écrasante.

Je dépose mes deux amoureux; l’euphorie est cette fois à son comble, je les regarde s’éloigner bras dessus bras dessous, un léger baluchon à l’épaule, ayant troqué le pantalon contre des tenues légères (il fait froid là-haut !) et prendre le cap de l’aventure vénitienne ! Ils me laissent en compagnie, non pas de jolies danseuses, mais des deux coquins roulants, leur usage étant peu aisé dans les traboules vénitiennes.

Et les revoilà ! Ils me reviennent deux jours plus tard, frais comme des gardons !

La brume ne se lève pas comme prévu, le ciel est chargé. Le pilote dépose finalement le plan de vol IFR, préparé la veille « au cas où », et qui s’avère nécessaire.

Puissance et tours disponibles, fuel flow compatible, pas de voyant, pas d’alarme, le badin est actif, rotation, montée initiale: 75 nœuds.

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Le ciel reste chargé sur la quasi-totalité du trajet. Le vent de face et les contingences des contrôleurs prolongent quelque peu la durée du vol.

L’arrivée se fera en procédure IFR, en apparence tout en douceur. Ma passagère me confiera plus tard que ce fut en réalité sportif pour le pilote, qui malgré son apparence calme, a dû composer avec un VOR défectueux, une carte d’approche non géoréférencée, les points GPS (de la procédure d’approche) impossible à charger, et pour couronner le tout, un contrôleur qui demande au pilote sa position ! Pour plus d’explication, s’adresser directement au pilote, elle ne pourra guère vous en donner plus.

Cette fois, c’est le départ du tarmac avec leur fidèles compagnons de terre ! Probablement la façon de quitter le terrain la plus palpitante. Une sorte d’accomplissement un peu magique du voyage, où le sentiment de liberté et de légèreté du vol se prolonge dans les coups de pédale, cheveux au vent, zigzaguant sur le bitume. A plus tard les amis !

Quelques jours plus tard, les revoilà ! A nouveau aux heures qui donnent l’impression d’instants volés, hors du temps, ils apparaissent, à peine quelques grammes en plus, et des mollets qui m’ont l’air d’avoir un peu travaillé (j’apprendrai plus tard, deux sorties vélo, 30 plus 46 kilomètres, ils sont forts mes tourtereaux !). Tous le monde a passé le contrôle de sécurité, y compris les petits, qui se sont retrouvés scrutés aux rayons X, sous les yeux ébahis du policier, dont l’âme enfantine est apparue sur son visage, le temps d’un sourire, en regardant leur image à l’écran.

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Je dis au revoir au jet qui est venu me tenir compagnie pendant ces jours, et nous repartons pour LFMA.

Puissance et tours disponibles, fuel flow compatible, pas de voyant, pas d’alarme, le badin est actif, rotation, montée initiale: 75 nœuds.

Le retour est tout simplement magique, une danse de nuages sous toutes leurs formes, qui tantôt s’accrochent aux sommets, tantôt viennent joncher le ciel du matin, voire former d’immenses vagues de brume. Gênes nous apparait au loin tandis que ma passagère tente de deviner le Mont Viso, sommet Queyrassin proche de la barre des Ecrins.

Du niveau 150, nécessaire pour passer au dessus de quelques champignons nuageux et éviter le relief largement, nous débutons progressivement la descente après Nice; la directe est acceptée par les contrôleurs. Le mistral local est léger, et permet un atterrissage en douceur sur le sol du bercail retrouvé.

Et biens mes enfants continuez de rêver, je suis heureux de vous y emmener.

HIND & Co.

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Remember Rimini

Par Alain

8h30. Le petit matin clairet, à l’aérodrome LFMA.
Je retrouve Alex, concentré, qui s’est occupé de tout. C’est le premier voyage que nous refaisons, depuis Cannes. Les souvenirs me reviennent… les effaroucheurs d’oiseaux… je n’avais jamais vu cela.

La visite pré-vol est faite consciencieusement.
Alex a déposé son plan de vol et demande l’autorisation pour le départ. La tour est pressée. Elle nous pousse en piste 32, et donne les infos pour le vol IFR à la volée. Alex lui répond qu’il ne peut pas rouler et noter en même temps !

Départ parfait.
Tout y est, la puissance, l’arrondi, le virage. Surprise: on va voler en IFR au niveau 150. La destination m’est toujours inconnue. Spectacle magnifique des rayons de soleil qui irissent les nuages. Alex est concentré, change de fréquence, vérifie les paramètres qui s’affichent sur le glass cockpit, et je découvre qu’en plus, il relève les paramètres de température des cylindres, notés soigneusement.
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Nous sommes équipés d’oxygène, et je me plains d’un mal de tête.
Alex vérifie. Geste précis tout en pilotant. Je désature. Tranquille, tout en continuant ses manœuvres, il vérifie la pompe à oxygène, modifie la position de mes lunettes à O2. Réponse immédiate, et la bonne: la saturation en oxygène de mon sang reprend une valeur normale. 

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Nous traversons la frontière.
Direction l’Italie, l’Adriatique, Rimini. Beau et long vol vers cette destination nouvelle et inconnue.

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Atterrissage impeccable.
L’aérodrome immense est vide. Nous sommes seuls. on vient nous chercher pour les formalités et nous faisons toujours la même impression décalée avec nos vélos et nos sacs à dos.

L’aérodrome est situé près de la mer.
Ainsi nous roulons tout de suite sur un sentier au bord de l’eau. Il fait chaud. Après quelques kilomètres et quelques hésitations, nous nous retrouvons au restaurant. Nous commandons deux pintes de bière qui arrivent très fraîches. Un délice. Un repas convivial et nous voilà repartis pour trouver notre hôtel. Alex qui a toujours un tour dans son sac, nous emmène dans un hôtel du bord de mer, et en anglais, explique que deux ans auparavant, il avait failli venir, mais en avait été empêché par le mauvais temps. Il montre un mail de l’époque, indiquant que sa réservation n’était pas perdue, et qu’il serait le bienvenu s’il repassait par là. Miracle nous sommes reconnus et invités. On nous installe dans notre chambre et on nous propose de faire de la thalassothérapie.

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Une heure de repos, puis nous reprenons les vélos pour une visite.
Rimini est une grande ville balnéaire. Elle est endormie à cette période de l’année.  Des kilomètres de plage et des centaines de parasols alignés comme des soldats. Puis tout au bout, une plage sauvage. Nous décidons de goûter l’Adriatique. Alex fait le fou en courant partout. Un moment de bonheur.

Puis nous visitons la ville assoupie, qui me rappelle mort à Venise, un film que j’avais aimé. Nous traversons des parcs, croisons des fêtes, et assistons même à des danses de country, sur une musique de John Denver, qu’Alex m’a fait connaître dernièrement.

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Retour à l’hôtel, douche, puis nous voilà repartis dans la zone touristique, où nous découvrons un restaurant, qui nous sert une délicieuse pizza italienne. Une bonne soirée, mais Alex est déjà sur le retour. Il regarde les cartes météo, programme des retours en IFR, rien ne lui convient vraiment, et se pose le problème du fuel qui risque d’être juste, et qu’on ne peut pas faire à Rimini.

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Il calcule notre conso et m’explique qu’avec le vent arrière dont on a bénéficié à l’aller, et la croisière au niveau 150, peu d’essence a été consommée. Ça ne sera pas le cas au retour. En plus, le temps est incertain. Tous les paramètres défilent dans sa tête, et je lui conseille d’arrêter jusqu’au lendemain. Il en convient.

Petit déjeuner le dimanche matin. Les dernières info météo prises, il décide du trajet de retour. Il sait qu’en tant que pilote il doit décider.

Retour à l aérodrome et une surprise: on veut nous passer les vélos aux rayons X !!

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La CNI d’Alex est périmée, et on nous dit que les accords de Schengen sont suspendus   Heureusement Alex a une copie de son passeport. On nous laisse repartir.

Le vol est parfait.
On vole initialement au niveau 130. Pas de souci d’oxygène. Alex est très concentré. La météo qui semblait mauvaise s’ouvre devant nous. Pas de déroutement. Pas de nécessité de refueler.

Après 3h de vol, atterrissage tranquille à LFMA. Passées les operations de fin de voyage, nous finissons par un somptueux repas au MacDonald des Milles.

C’est la fin du voyage. Une belle parenthèse.
Un moment de choix passé avec mon fils grâce à la complicité de sa « Piloute ».

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Tea for two

Par Alban

A l’aube, Petit Cessna dort encore auprès d’un Trinidad en visite. Pensée pour Peter, que nous avons croisé il y a un an déjà. Peter, c’est un peu notre raïs à nous… Rappelez-vous : l’escapade à Carcassonne, les compères belges, le jeu de piste dans la cité ! C’est à cette occasion qu’Alexandre et moi avons fait connaissance. Depuis, le marathon de nos vies nous a donné peu d’occasions de voler ensemble. La dernière fois c’était Annecy (ou peut-être Glastonbury ?), et nous avons convenu de récidiver très vite. Ce matin, nous irons en Lozère, dans le Cantal, puis l’Aveyron. Météo parfaite pour du VFR. Nous avons tous deux la permission de midi.

LFMA au reveil

LFMA au réveil

En préparant l’avion, nous devisons : type d’huile, choix du mouton pour les housses, et surtout les derniers potins d’EuroGA.org. Une fois tous nos gyros calés, nous décollons d’Aix-les-Milles vers le nord-ouest. Salon a désarmé, la PAF est aux US, une route directe ne posera pas de problème.

L’aérodrome de Mende-Brenoux (LFNB) présente la particularité d’être isolé sur un haut plateau et encerclé par les bois. Porte-avion naturel, il nécessite toute l’attention du pilote pour éviter d’arriver trop haut et bien anticiper le dévers de la piste. Aujourd’hui, la tour n’a pas dû laisser entrer son agent : le terrain est en auto-info. On effectue donc une reconnaissance, ça discute sur la fréquence. L’aire à signaux, dûment consultée avec l’aide de mon copilote, indique: « Prendre des précautions particulières ». Merci.

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Mende-Brenoux, LFNB

En finale, la comptine, sans cesse révisée, est toujours la même : train / pompe / phare / plein volets / plein petit pas / plein riche. Petit Cessna se satisfait du dernier couplet.

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Finale à Mende, à travers un pare-brise embrumé. A l’occasion, je vous mettrai un petit coup de polish !

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PCV à Mende

En 1966,  Gérard Oury choisit Mende pour y tourner l’ultime scène de La Grande Vadrouille.  Dans les salles obscures, la France découvre alors ce petit aérodrome, d’où Augustin Bouvet [Bourvil] et Stanislas Lefort [Louis de Funès] échappent à l’occupant, hilares, à bord de planeurs Castel C-25S.

Après un rapide changement de pilote, à nous le grand bond dans la vallée de Brenoux à bord du Petit Cessna.

– Selfies en zone(s) libre(s) –

Prochain arrêt : Aurillac. Nous survolons le plateau de l’Aubrac, aride étape qui relie Le-Puy-en-Velay à Aubrac sur les chemins de St Jacques de Compostelle. L’air est calme, le ciel désert. Aurillac (LFLW) est également en auto-information, malgré la présence d’un ATR42 « HOP! ». Survol de reconnaissance, décision est prise de poser en 33. Manifestement, ce QFU est peu utilisé : les traces de pneus y sont rares. Nous sommes rapidement au parking, et comme l’horloge tourne, décidons d’effectuer un « crew change » express, avec PCV garé en double file à côté de la pompe. Pour le Bougnat Cola, on reviendra. Un PA-34 Seneca nous salue et s’envole vers le Sud.

– En père peinard au dessus de l’Aubrac –

– Finale en 33. On laisse rouler jusqu’au parking. Habile ! –

A moi les commandes pour un court segment à destination de Rodez (LFCR). Au départ d’Aurillac en 15, le relief est conséquent. Nous utilisons les 230 chevaux du PCV pour monter sereinement à 3500ft. Il y a peu de trafic à Rodez ce matin. Nous contactons le contrôleur de l’approche, qui nous gardera avec lui jusqu’à l’arrêt au parking. L’aéronef devant nous effectue un large tour de piste, nous le suivons à vitesse modérée, et terminons par une finale d’école.

– Rodez International –

Alexandre se charge de la dernière branche. Une quasi-directe de liner entre Rodez et Aix avec un peu de vent dans le dos. Au passage, on apercevra le musée Soulages et le viaduc de Millau.

Après Le Corniaud à Carcassonne et La Grande Vadrouille à Mende, nous voici lancés sur les traces du duo Bourvil – de Funès. Prochaine étape : La Traversée de Paris ?

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Le point du jour

Par Maxime E.
le 21/04/2017


Encore un jour qui vient au monde
Dans le premier moteur qui gronde
Dans le premier enfant qui pleure
J’écoute monter la rumeur
Du point du jour

Quelqu’un efface la buée
Sur la vitre du boulanger
Les arbres sont tout détrempés
Déjà fument les cheminées
Au point du jour

Je vois ma rose s’éveiller
Ses yeux s’ouvrent sur l’oreiller
Ils regardent la fin d’un rêve
Et puis ma rose elle se lève
Au point du jour

Elle jette bas sa chemise
Elle est nue comme une cerise
Un rayon de soleil l’inonde
Elle est la plus belle du monde
Au point du jour

La radio donne des nouvelles
Quelque part la vie n’est pas belle
Des bombes crient dans le lointain
Défense de voir le matin
Au point du jour

Mon bonheur me fait un peu honte
Tandis que dans ma chambre monte
La bonne odeur de café noir
Encore un jour la vie l’espoir
Le point du jour

Jean Ferrat


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Et… Si c’était vrai ?

Vendredi soir, rompu, par le déroulement des jours d’une semaine dantesque, dont il serait encore possible d’atténuer les effets, par l’abus de vins locaux ou de liqueurs aromatiques, bocks partagés dans la chaleur de l’amitié, où l’on s’oublie parfois, en même temps que sa peine…

Folle idée du Houblon !
Car il ne sait pas, lui, qu’une ressource gît ailleurs, aux creux des matins encore humides, de ces matins qui refusent aux nuages, mêmes les plus timides, le moindre accès, car ils viendraient perturber l’harmonie de la voûte céleste, soigneusement immaculée, et délicatement éclairée par l’aube naissante.
Car il ne sait pas non plus, que cette ressource-là, attend de nous l’alignement parfait de nos pupilles, l’oeil alerte et la main sure, pour étreindre sans hésitation (illusoire ?), les commandes du mouvement méta-physique (je veux dire poétique !), qui entraînera notre destin d’un jour.
Capiteux Houblon, qui embrume les esprits et allège nos angoisses, certains vendredi soir je ne veux pas de Toi ! Et te préfère l’idée prochaine d’une chimère volante, dont les promesses me sont exquises… Quelle nuit d’impatience !

Au petit matin, tout semble permis, ainsi que l’oracle Haut-rôt-logique l’avait prédit. Plus tôt qu’escompté – car je trépigne d’impatience – je me trouve sur l’aire de lancement de toutes les promesses, aux heures où jamais aucun travail ne m’a vu paraître. Il est des coins du jour où l’on ne se montre, que pour certaines Causes…
Ce jour là, le secret est encore de Polichinelle: un groupe de skieurs, non pilotes, s’apprête à embarquer, en hélicoptère vers les 2 Alpes, entièrement harnachés, déjà prêts pour la téléportation vers le monde adjacent qui les attend.
Moi aussi – quoique ma tenue de ville ne laisse rien transparaître; moi aussi, me dis-je en pensée, m’apprête au voyage. Je quitterai l’ici-là, pour un ailleurs là-bas, et dans l’entre-deux, dans l’intervalle suspendu, n’attendrai rien de moins, que la rémission du quotidien et de ses angoisses, brutalement ramenés à l’échelle de ce qu’ils sont: un détail dans l’existence… Neutralisant le vécu inflationniste des misères érosives, le Petit Cessna nous amènera voguer en d’autres mers de l’âme, vague-à-l-âme à la rigueur, pour finalement accoster d’autres rivages, ici ou là qu’importe, puisqu’ils seront surtout ceux de l’émerveillement. Heureux qui comme Ulysse…

Rien de tel qu’un compagnon, pour goûter cette Magie blanche. Devançant le rendez-vous, lui aussi, comment ne pas imaginer qu’il partage mon impatience ?
A la méthode, laissons la portion congrue ! Nous avons dit au hasard: Aix – Valence – Annecy – Gap – Aix. Ciel bleu. Pistes ouvertes. Les réservoirs sont pleins. Il suffit !
N’amputons pas la poésie, en lui greffant d’insupportables considérations techniques ! Résistons pour une fois, à cette idée qu’elles nous permettraient de garder le contrôle ! Nous embarquons pour dé-raisonner, dé-compartimenter, dé-faire, dé-gonfler… dé-coller…

Nous volons !
Une chose merveilleuse survient, lorsqu’on prend la voie des airs, au petit matin clair: le silence sur la fréquence, et l’absence complète, presque irréelle, de turbulence. On se déplace dans l’air d’un seul mouvement fluide, celui-ci nous porte avec une incomparable douceur. Sensation de rêve, qui évoque en fait la nuit.

Cap Nord Nord-Ouest sur la centrale atomique, bon point de repère pour atteindre Valence. Longue descente calculée à l’improviste par la seule intuition du pilote, nous nous établissons face à la piste, qui ne pourra plus nous échapper. Le vent décroît, décroît encore, notre hauteur diminue… « 3 », il reste encore à profiter, « 2 », tiens voilà notre ombre, « 1 », c’est presque fait. Délicatement posés, notre vitesse nous entraîne, nous roulons…

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Photo issue d’un autre voyage, et nous remercions la photographe…


10 minutes plus tard, à nouveau en l’air !

Toujours personne en vue, mais cela discute sur les ondes. Bruissement continu de la radiophonie, nous avançons, et le relief commence à dessiner à la Terre des formes, douces ou tranchantes. De la brume peine à s’évaporer, traversons.
Ca se réchauffe, l’air s’assèche, et un grand ciel bleu Alpin se déploie face à nous. Puis – est-ce une hallucination ? – un immense oiseau de voyage, perché sur une branche d’où il nous tutoie, entame son virage, battement d’aile que nous recevons comme un salut.

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Le Grand frère Boeing


Annecy !

Amené à croiser haut, où la rêverie nous a entraînés, nous nous laissons délicatement tomber, vers la nouvelle bande d’asphalte prête à nous accueillir. « 3 », cela se présente bien, « 2 », je continue, « 1 » je m’applique…

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En bonne voie vers Annecy

Contact. Nous roulons… En même temps que je suis l’inertie du mouvement du Petit Cessna – pas tout à fait posé mon esprit – je porte mon regard sur le bas côté, et y aperçoit (nouvelle hallucination ?), un renard, tapi dans l’herbe, qui nous regarde filer.
Alors, comment dans ces circonstances, pourrais-je interrompe mon délire, quand tout laisse à croire que le Petit Prince est de sortie… ? Le monde de merveilles que nous venons juste de quitter, place la rencontre avec le renard sous le signe de l’évidence naturelle, plutôt que celui de l’étonnement; celui-ci ne se manifesterait que quelques minutes plus tard, avec l’arrêt du moteur…
Un renard ! Au bord de la piste ! Et je me mets à espérer: si seulement il me revenait, plus tard, par la voie(x) des rêves…?
Et ce n’est pas fini ! Voilà une procession de canards géants à présents ! Ou est-ce des champignons hallucinogènes ? Il ne manque plus que la Danse Chinoise de Tchaïkovski !

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Fantasia, ou le défilé des canards à hélices


Plus de hauteur.

Il nous faut plus de hauteur, car nous allons mordre les Alpes. Et on ne se rend pas d’Annecy à Gap, comme on se rend de Bruges à Gand.
Nous réfléchissons: nous pourrions viser le lac du Bourget, longer Chambéry, puis obliquer légèrement vers le Sud, après quelques minutes, en direction de Grenoble. Mais cela ne sera pas suffisant, car la carte ne nous montre aucune vallée assez accueillante pour filer jusqu’à Gap. Alors nous pourrions monter, nous élever au delà des parois granitiques, et faire de ce relief un impressionnant tapis, au dessus duquel nous voyagerons. C’est acquis, nous retenons le niveau 105 pour traverser cette petite portion des Alpes.


Une fois là-haut… Quel spectacle !

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A couper le souffle !

Quelle démonstration splendide, ces montagnes enneigées aux reflets brillants ! Puissance immuable qui s’érige sous nos pieds. Nous nous déplaçons timidement, lentement, impressionnés par elles, qui semblent s’étendre sans limite, aux confins de notre champs de vision. Insolents compagnons de voyage, les nuages jusque-là interdits, se manifestent sous la forme discrète d’humbles cumulus coiffant les cîmes, si frêles qu’ils ressemblent à une étoffe fine et diaphane. Nous faufilons.

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Incartade nuageuse


Et la carte défile !
Nous ne pouvons pas rester ainsi perchés éternellement. Dans une nouvelle vallée, au Nord de Gap, nous nous laissons à nouveau retomber, cherchant pour point de chute une courte piste encaissée, qui pour être atteinte, nécessite de « survoler la petite maison au toit rouge, au bord de la falaise ». Tout un mo(n)de d’emploi !

A nouveau, l’élan fantastique que nous avons pris, depuis notre départ d’Annecy, survolant les Alpes, puis plongeant dans une vallée inconnue, s’amortit en quelques centaines de mètres… 2 ou 3 centaines seulement, suffisent à arrêter notre course au sol, qui se termine cette fois-ci, au restaurant Le Looping.

45 minutes plus tard.
Toutes bielles dehors, arbre à cames frénétiques, chaque aiguille instrumentale tangentant la ligne rouge, l’huile bouillonnante pulvérisée dans les recoins du carter moteur, nous élançons le Petit Cessna dans les airs. Encore une fois.
Montée vers notre altitude de croisière, puis descente continue vers le bercail, avec une brise de mer bien établie: les rayons du soleil ont fait leur office, et réchauffé la Terre.
Tenons l’axe, dont la brise nous éloigne par à-coups, posons, sans douceur, fermement, comme si ce léger tremblement avait été nécessaire, pour nous faire redescendre des étoiles.

D’autres l’auraient interprété autrement !

Rien de tout cela n’aurait été possible sans l’aide d’Alban…

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Ecoutez ! La voix d’un poète nous rappelle…

« Pour ceux qui n’ont plus goût à rien
A qui on a caché l’arôme
C’est pour les miens, mes frères, mes soeurs,
De Marseille à Rome »
K.A.

From Massilia to Roma

Quel Vol !

De Marseille à Rome
en passant par la Corse,
sans toutefois y mettre
roue à terre,
nous fîmes un fameux voyage.

Une traversée, en quelques sorte,
au cours de laquelle,
nous partîmes deux,
et nous arrivâmes
trois !

Alexander the Great, Stéfouille des Pouilles, votre humble narrateur,
et Petit Cessna Voyageur (Pcv).
En effet, un être nouveau
s’était créé entre le ciel
et la mer.
Nous en fîmes rapidement un compagnon.
Néanmoins, nous décidâmes de ne pas l’emmener
dans le centre de la cité romaine,
et nous le troquâmes
contre deux vélos de guerre.

Rome nous voilà !
SPQR
« Force et honneur »
Ces mots résonnent encore dans le cœur de la plus puissante
des villes du monde antique.
Elle régna sur le monde connu pendant des siècles,
elle est toujours la capitale de l’Italie,
et le Saint-Siège n’est pas bien loin.
Or, cela se sent, se voit,
s’éprouve à chaque instant.

Fier est le Romain, beaux sont ses monuments,
et bons ses Ristorante !
Il faut les bien choisir en cherchant l’authenticité,
afin de continuer à voyager, et ce, en toute tranquillité.
Expresso, Proscuito et Melone, Pasta al Pesto, Gnocchi quattro formaggi,
Chianti, Valpolicella… Tout nous engloutîmes !
Et du vélo nous fîmes, aussi, mais point dans cet ordre là !
Fort heureusemment je crois…

Voilà, tout est dit, ou presque.
À tantôt pour la suite des aventures d’Alexander the Great,
et de son fidèle compagnon,
à bord du Pcv.

Par Stéphane Méyère.

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