Ballade d’automne

« Viens Maman, je t’invite à manger à Barcelonnette, il y a un super resto sur  l’aérodrome!».

Belle journée de septembre, nous voilà partis en direction d’Aix-Les-Milles, décollage prévu vers 11h, avec une table réservée pour l’heure suivante, au Planeur, le restaurant recommandé par le Gault et Millau et se trouvant sur la plateforme.
C’était sans compter la toute puissance de ceux qui nous gouvernent, François Hollande et sa suite, atterrissant aux Milles le même jour. Sa venue impliquait la réquisition du terrain pour la majeure partie de la journée, « pour cause de mission spéciale », ce qui n’avait pas manqué de faire rire le contrôleur désoeuvré dans sa tour et les gendarmes (nombreux !) au sol, missionnés pour bloquer l’accès à la plateforme. C’était donc un coup d’épée dans l’eau pour cette fois, et de Barcelonnette nous avons fini à Cassis…

Trois semaines plus tard, les conditions atmosphériques étaient à nouveau somptueuses, et aucun NOTAM ne restreignait l’accès au terrain. Pull, bonnet, plaid, eau potable, TUCs, appareil photo et pellicule, en avant la musique, nous étions parés pour le vol.

Décollage sans vent ni turbulence, nous faisons route au Nord-Est vers Pertuis. A partir de Forcalquier au niveau 65, c’est une explosion d’automne qui s’étale sous nos ailes : souvenir du Canada, la foret révèle d’infinies nuances, du vert au jaune, puis à l’orange puis au rouge.

A l’horizon, les premiers massifs Alpins enneigés se découpent sur le bleu pétant du ciel. Nous poursuivons notre route vers encore plus de reliefs, passons au dessus de Tallard, et arrivons au Sud du lac de Serre-Ponçon.

Au grand étonnement de ma passagère, nous nous engageons dans la vallée de l’Ubaye, qui se rétrécit au fur et à mesure de notre progression. Nous tutoyons la cime des pins et des mélèzes accrochés aux pentes montagneuses, et après un dernier rétrécissement, voyons se profiler la plus large vallée au fond de laquelle se niche la petite ville. Nous entamons notre lente descente et tour de piste biscornu, pour finalement poser nos roues sans fracas.

Descendus de l’avion, il semble que nous avons surestimé le froid des montagnes, et nous cuisons aux rayons du soleil d’été indien.

Surprise, le restaurant tant espéré était fermé… Voulant nous sortir de ce mauvais pas, la patronne n’a pas hésité à nous confier sa voiture, afin de nous rendre en ville et y déjeuner.

Quelques heures plus tard, de retour à l’avion, 25kt de brise de vallée se sont invités pour secouer notre envolée. Rien n’a cependant pu entamer l’enthousiasme de ma chère passagère qui chantait à tue-tête « Cœur de Rocker », doublant en direct Julien Clerc diffusé à travers son casque…

IMG_3367

Sortis de la vallée de l’ubaye, nous faisons route au Sud-Ouest, vers le soleil descendant, avec un atterrissage en douceur aux Milles.
Et là révélation : Maman se sentait enfin une âme d’aviatrice !

Par Christine et Alexandre E.

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s