¡ Hasta la victoria siempre !

Notre objectif: nous rendre à Burgos pour ex-filtrer Patricia perdue depuis 10 jours dans la province de Castille et Leon, au Nord de l’Espagne. La pauvre bougresse, après avoir franchi le col de Roncevaux à la frontière pyrénéenne, et parcouru 250km en solitaire sur le chemin de Compostelle espagnol, traversant ainsi Pampelune, Logroño… avait des difficultés pour regagner Marseille.

  • 1ère étape: Aix-Les-Milles -> Burgos

Temps magnifique au départ. Nous sommes partis avec un peu de retard sur notre plan de vol, en montée vers le niveau 80 que nous conserverions jusqu’à notre escale. Il y a avait dans un grand ciel bleu, de tous petits nuages blancs qui nous donnaient juste la dimension de l’espace, et qui une fois bien avancés dans l’Héraut, sont devenus de beaucoup plus gros nuages finalement tous soudés entre eux, au-dessus desquels le vol s’est poursuivi « on-top ».

Compte tenu de la distance à parcourir (environ 450nm au total), nous avons choisi de faire une escale avant le passage de la frontière, sans trop dévier de notre route. C’est ainsi que nous avons attaqué la descente vers Tarbes, traversant les épaisses masses cotonneuses que nous survolions jusque là. Un petit tour de manège et nous voilà au sol.
Une fois le moteur arrêté, un policier a surgi, investi d’une mission: contrôler notre avion et ses papiers, dans le cadre d’une loi relative aux ports d’entrée dans l’espace Schengen, et dont nous avons immédiatement oublié la référence. 20 minutes plus tard, et puisque nous n’étions pas mis en état d’arrestation, ce dernier nous a gentiment indiqué le terminal commercial où nous pourrions acheter des sandwichs, ni bons, ni bon marché.
De retour au terminal de l’aviation générale, nous nous sommes acquittés d’une taxe surréaliste de 50€ pour une heure d’arrêt.
Une petite heure d’arrêt seulement, car la prévision de possibles orages à destination en fin d’après midi, nous incita à lever le camp sans trainer.
On a décollé face aux Pyrénées, dont les sommets se plantaient dans les nuages. En sortant de ce duvet cotonneux qui les bordait, nous avons pu admirer leurs cimes enneigées.

Les Pyrénées ont été traversées un peu plus à l’Ouest, au niveau de Roncevaux, et le vol se poursuivit sans encombre jusqu’à Burgos.

  • Depuis El Aeropuerto International de Burgos vers notre première soirée espagnole

Descente et approche: à convenance. Le parking: c’est où vous voulez. D’autres avions ? Un jet (Hawker Beechcraft), à côté duquel nous nous garons. Une fois sortis de l’avion, un membre du personnel local, est venu succinctement inspecter nos papiers d’identité et jeter un coup d’oeil à notre soute. Il nous a accueilli avec sourire et gentillesse, et s’est montré très disponible pour nous accompagner jusqu’au terminal et appeler pour nous un taxi, car notre périple n’était pas encore tout à fait terminé.
20 minutes plus tard, nous nous sommes retrouvés lancés à une vitesse inconsidérée sur la N-120, en direction de Belorado, parcourant en accéléré, ce que nous nous apprêtions à marcher dès le lendemain…
60km plus loin, nous sommes entrés dans la petite ville, sillonnée par la nationale. L’hôtel en bord de route était charmant, et le tavernier sympathique. Tapant à la porte de Patricia, dont nous avions appris qu’elle était déjà arrivée, nous l’avons sortie de sa baignoire, ce dont elle ne nous a pas tenu rigueur, heureuse de retrouver deux compagnons pour la suite du chemin. Juste le temps d’essayer nos tenues de pèlerins, et voilà que Patricia nous entraîne vers le campanile du village où une merveilleuse surprise nous attendait: des cigognes, oiseaux migrateurs, avaient élu domicile au sommet de l’édifice. Plusieurs nids énormes tombaient en cascade du clocher, précaires installations dans lesquelles trônaient les mamans cigognes et leurs petits.

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Quelques instants plus tard, l’une d’entres elles prit son envol et entama une lente ascension circulaire. Ravis de notre rencontre, nous avons pris tout naturellement le chemin de la place du village, où le bar local venait tout juste d’ouvrir. Nous fûmes des clients perspicaces, bière – sangria – tapas pour commencer, avant de poursuivre le repas à l’étage, avec l’épais vin de messe servi d’office.

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Le retour à l’auberge sans même s’en rendre compte, il fait encore jour, mais nous dormons déjà. Une grosse journée nous attend demain…

  • 25 kilomètres !

La foi accrochée au cœur, et la fleur au fusil – sans oublier le copieux petit déjeuner ibérique – nous sommes partis dans la fraîcheur du matin sur LE chemin… Entrant de plein pied dans un monde à part, celui de la communauté des pèlerins: des grands des petits, des gros des maigres, des jeunes des vieux, des belges et des coréens (et d’autres !), en chaussures de marche ou en sandalettes, TGV ou escargot, avec ou sans leur maison sur le dos, sympathiques souvent, bourrus parfois, il s’agissait là d’un ensemble improbable avec qui nous avons partagé cette journée. Chacun sans doute hébergeait au fond de lui une motivation intime, et pour notre part, il s’agissait d’accomplir suffisamment de pas pour atteindre San Juan de Ortega, haut lieu de pèlerinage jusqu’où nous souhaitions accompagner Maman. Kilomètres après kilomètres, nous avons vu le soleil poursuivre sa course dans le ciel, et notre énergie décroitre en même temps. Bien que restauré dans un bar à tapas du bout du monde, nous avons eu bien du mal à attaquer l’ascension qui suivait cette halte. Plus tard, dans l’après midi, non loin du 20ème kilomètre, à la croisée des chemins où des chaussures douloureuses avaient été abandonnées par leurs propriétaires, nous nous sommes assis, sans penser pouvoir nous relever à nouveau. Mais, miracle du chemin, énergie puisée dans la peine et l’effort collectifs des pèlerins, nous avons finalement repris notre procession, pour cette dernière portion dont il nous serait bien difficile de dire comment Maman a réussi à la parcourir.

Et puis le village est apparu. Nous l’avons atteint. Visité son église en cours de restauration – projet d’Europe ! Sur la place, un bar, où des bières fraiches nous ont désaltérés, et un banc accueillis, pour profiter de ce que nous avions accompli.
Après une soirée paisible, pendant laquelle nous avons contemplé notre exploit, et une nuit de repos méritée, les 12 km de l’étape du lendemain nous ont paru bien courts (pas à moi !). L’arrivée à Burgos ne nous a pas déçus, véritable ville de carte postale, dont les monuments se découpaient sur un magnifique ciel bleu. Après nous êtes régalés de très discutables tapas, nous avons visité l’extraordinaire cathédrale et son imposant escalier qui inspira celui de l’Opéra Garnier. Une dernière nuit en Espagne avant notre retour en France.

  • Le vol de retour

Par un grand ciel bleu, à la limite de la brume matinale, nous avons rejoint notre Cessna Voyageur. Le taxi nous a fait répéter par deux fois notre destination, surpris que nous souhaitions rejoindre l’aéroport peu visité de sa ville.
Arrivés un peu tôt, l’aéroport n’était en effet pas tout à fait ouvert, et seul un aimable gardien tenta de nous l’expliquer en nous offrant un petit café con leche.
La route était légèrement différente pour ce retour, et nous avons ainsi pu survoler l’aéroport de San Sebastian et la ville de Biarritz.

La suite a été un trait d’union de la baie de Biarritz à l’étang de Thau, d’Atlantique en Méditaranée, principalement au dessus d’un solide océan de nuage qui siègeait en basse altitude.

Escale faite à Béziers, le temps d’un sandwich et d’un contrôle migratoire (état d’urgence oblige, même en intra-schengen). Puis nous avons redécollé avec une forte brise d’après-midi, longeant la Camargue, avant de nous retrouver dans les espaces de Marignane, tout petit au milieu des géants.

Une chose importante, nous ne l’avons pas dite. Le matin du retour, le responsable de l’aéroport de Burgos, m’a solenellement invité dans son bureau, pour m’apprendre qu’un accident avait eu lieu la veille en fin de journée, à proximité de Pampelune. Les trois personnes en provenance du Portugal à bord d’un aéronef léger rentraient aussi en France, à Dax. Le malheur fît que leur chemin croisât celui d’un vautour. Nous pensons à eux, et saluons leur mémoire.

Par Christine et Alexandre E.

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Un commentaire pour ¡ Hasta la victoria siempre !

  1. kakopharm dit :

    Une belle histoire qui me rappelle tant de bons moments. C ‘ est l ‘ aventure , toujours différente ,toujours nouvelle. En un clin d’œil on se retrouve ailleurs ,loin du quotidien. Et on fait le plein de souvenirs.
    J espère qu il y aura encore beaucoup de chapitres aussi merveilleux

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